FANTOMAS MEDIA

le mur qui saigne.

20 février 2006

Si, pour devenir riche...

"Si, pour devenir riche, il suffisait de presser le bouton d'une sonnerie, le feriez-vous, sachant qu'au moment ou vous pressez ce bouton, vous tuez un mandarin chinois ?"
Et bien moi je ne presse aucun bouton mais j'appuie directement sur le nombril du mandarin a Hong-Kong, lorsqu'il vient visiter mon sous-marin. C'est le plus sur moyen de lui procurer a lui les jouissances du nirvana et moi celles de l'or. J'ai d'ailleurs toute une croisiere de sous-marins qui font des rafles aussi bien dans le Pacifique que dans l'Atlantique et tout ce monde a rendez-vous au Mont-Saint-Michel. En somme je dirige une entreprise de vol et de viols sous-marins et les poissons de mer tremblent lorsque je me promene en scaphandre dans les flots.
- Mais qui etes-vous donc ? C'est a fremir d'horreur tout ce que vous racontez-la !
-Qui suis-je ? Oh ! Tout simplement un negre en smoking qui joue du piano dans le jazz prive au Touquet-Paris-Plage. En meme temps, comme un vampire, j'exploite les epaves sans que personne puisse s'en douter et j'ebauche des aventures amoureuses avec toutes les jeunes femmes noyees que le hasard jette dans mes bras en caoutchouc.

Jean GENBACH (le pretre surrealiste), Satan a Paris.

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quelques liens precieux.

Pour cause de quotidien tokyoite affolé, les mises a jour se rarefient. Je tiens a m'en excuser par ces quelques liens :

http://www.bmlisieux.com/ (bibliotheque en ligne)
http://classiques.uqac.ca/ (idem, plutot axee sciences humaines)
http://media.sas.upenn.edu/pennsound/ (luxuriance totale)
http://www.erratum.org/ (de meme)

(merci a khatre)

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27 janvier 2006

La jatte des culs.

Sengle se retrouvait dans la cour des Miracles : l'idiot, le sourd, le borgne, le paralytique, le boiteux, le bossu et le nain, cariatides de leurs sacs plein de toute l'armée, se tordaient dans les tourments de l'escrime à la baïonnette du peloton de punition. Le peloton des Elèves-Cabots, en face, plus difforme que son vis-à-vis, crachait des imitations de commandements et ses restes d'intelligence hors de ses hydrocéphaliques gueules, sur ses membres estropiés, bandés de courroies anorthopédiques, de chevaux de labour.

Il était bien égal à Sengle que le peuple pérît dans l'armée et que les larves qui lui servaient d'âmes passassent du corps des esclaves démoniaques dans celui de pourceaux; mais comme le vieillard barbier parmi les neuf voleurs condamnés à la tête tranchée, il ne voulait pas être compris dans l'ablation des cervelles ni l'enlaidissement des corps.

Alfred JARRY, Les jours et les nuits, roman d'un déserteur.

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11 janvier 2006

Dada à Paris

PARIS (AFP) - Un homme de 76 ans a été placé en garde à vue pour s'être attaqué à une oeuvre de l'artiste Marcel Duchamp, un urinoir baptisé "Fontaine", datant de 1917, et présenté dans le cadre de l'exposition Dada au Centre-Pompidou à Paris, a-t-on appris jeudi de source policière.

Cette homme, domicilié à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), s'en est pris à l'urinoir mercredi entre 11h30 et 12h00 durant les heures d'ouverture au public. Armé d'un marteau, il a légèrement ébréché l'oeuvre, précisait-on au Centre-Pompidou.

La valeur de la "Fontaine" de Marcel Duchamp est estimée à trois millions d'euros.

Interpellé, l'auteur des faits a été placé en garde à vue au service d'accueil de recherche et de l'investigation judiciaire du commissariat du 4e arrondissement de la capitale. Son identité n'a pas été rendue publique. En état de récidive, l'homme n'a pas été remis en liberté et devrait être déféré au parquet en vue d'une éventuelle mise en examen.

Durant sa garde à vue, l'homme n'a semblé rien regretter de son acte, le justifiant même en invoquant une performance artistique que n'auraient pas reniée les artistes Dada.

L'auteur n'en est pas à son coup d'essai. Déjà, en 1993, il avait uriné dans cette même "Fontaine", alors exposée au Carré d'Art de Nîmes (Gard).

Le Centre Georges-Pompidou, ou Beaubourg, a porté plainte. L'oeuvre de Marcel Duchamp a été retirée de l'exposition pour être restaurée. AFP


Suite au fracas provoqué par l'attaque de l'urinoir, la réaction de Thierry Théolier, auteur de "Crevard [baise-sollers]" :


"L'artiste Pierre Pinoncelli a été placé en garde à vue pour s'être
attaqué à un multiple objectal-anal du con.cept pisseux du rentier
Marcel (qui rappellons-le, la crevure Marcel - tout en niant la
peinture - vendait en loose-d des croûtes d'un pompier-dont-j'ai-oublié
le prénom-et-la-caserne) un multiple de l'urinoir (l'original a été paumé
en 1917 par les sbires du plastoc et de la faience) surexposé
aujourd'dhui dans la suprématie du con.texte : l'exposiFion DODO au
Centre-Pompichousgras à P.A.R.I.S, a-t-on appris jeudi de source
policière (donc à revoir...)

L'artiste, plutôt crevard, Pierre Pinoncelli, domicilié à
Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), s'en est pris au con.cept
donc mercredi entre 11h 30 et 12h 00 durant les heures d'ouverture au
public (le vernissage V.I.P suckers étant fermé aux crevards à part pour
quelques jud4$$ du SDH...). Armé d'un marteau, il a cassé l'objet, nous
cachetons - à nous intermittents de la société de l'informaFion - au
Centre-PompiChouxgras.

La prix de l'objet fake marchand du rentier Marcel la crevure est estimé
à trois millions d'euros (pendant ce temps les SDF crèvent la dalle)

Interpellé, le casseur de hype a été placé en garde à vue au service
d'accueil de recherche et de l'investigaFion judiciaire du
commissariat du 4ème arrondissement de la capitale du FRIC.

Son identité a été rendu publique sur le SDH aujourd'hui même alors que
l'instituFion du POUVOIR veut garder l'anonymat du casseur de hype.

En état de récidive artistique, Pierre Pinoncelli n'a pas été remis en
liberté et devrait être déféré au parquet en vue d'une éventuelle mise
en examen.

Durant sa garde à vue, Pierre Pinoncelli n'a semblé rien regretter de
son acte, le justifiant même en invoquant une performance artistique que
n'auraient pas reniée les artistes comme Clément Pansaers et Tristan
Tzara (La Bretonne aurait désapprouvé cette grosse suckeuse carrièriste
qui a lourdé Roger Caillois et Momo, véritable crevure du pouvoir comme
le cancéreux-de-la prose-j'me-tâte-mais-je-fais-mettre-
des-tables-d'écoute-partout-et
je-nie-devant-les-cameras-de-la-Répu-oblikkk-Mittérenculé!)

Pierre Pinoncelli n'en est pas à son coup d'essai. Déjà, en 1993, il
avait uriné dans ce fake urinoir, alors surexposé au Carré d'Art de
Nîmes (Gard). src= http://membres.lycos.fr/pinoncelli/historique.htm

Le Centre Georges-PompiChouxGras a.ka.ka Bobobourg, a porté plainte. Le
fake du con.cept a été retiré de l'exposition pour être remplacé ou
restauré (who's cares ?
Nobody...) pour mieux être VENDUE à la crevure la plus thunée de HYPE WORLD.

Alors tous en choeur et de tout coeur :

Mer(d)chie Pierre Pinoncelli !
http://membres.lycos.fr/pinoncelli

(NDF : merci à O pour l'info)

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08 janvier 2006

Marchands...

Marchands, qui recherchez tout le rivage more
Du froid Septentrion et qui sans reposer,
A cent mille dangers vous allez exposer
Pour un gain incertain, qui vos esprits dévore,

Venez seulement voir la beauté que j'adore,
Et par quelle richesse elle a su m'attiser :
Et je suis sûr qu'après, vous ne pourrez priser
Le plus rare trésor dont l'Afrique se dore.

Voyez les filets d'or de ce chef blondissant,
L'éclat de ces rubis, ce corail rougissant,
Ce cristal, cette ébène, et ces grâces divines,

Cet argent, cet ivoire ; et ne vous contentez
Qu'on ne vous montre encore mille autre raretés,
Mille beaux diamants et mille perle fines.

Philippe DESPORTES, Les amours de Diane (1573 - 1606)

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26 décembre 2005

Mai.

kertesz1

Bien sûr, ces magiques pavés étaient moins efficaces que jamais stratégiquement, et tous les Malraux qui affirmaient que les tanks eussent emporté la rue Gay-Lussac bien plus vite que la gendarmerie mobile avaient raison. Mais c'est par cette mise en jeu symbolique que le soulèvement de Paris rouge en mai 1968 put mettre le feu - comme juillet 1789, comme juillet 1830, comme février 1848 - non plus à la seule Europe cette fois mais à toute la planète, de Tokyo à Mexico, ce que les étudiants de Berkeley n'avaient pas pu faire, faute justement d'ancrage historique. Les insurgés parisiens surent pourtant éviter les séductions archaïques et les pièges du romantisme. Ils ne prirent pas d'assaut les commissariats, ils ne pillèrent pas les armureries ni ne tentèrent d'investir les bâtiments du pouvoir (on se souvient de l'étonnement des journalistes quand les manifestants passaient devant le Palais-Bourbon comme sans le voir). Ce n'est pas seulement  par juste évaluation du rapport de forces : nul doute que si des balles étaient venues se mêler aux pavés et aux cocktails curieusement dénommés "Molotov", on aurait vu jusqu'où pouvait aller l'humanisme du préfet Grimaud et l'esprit républicain de ces généraux qui avaient gagné leurs étoiles, comme Lamoricière, comme Cavaignac, en Algérie. Le massacre n'eut pas lieu parce que Mai 68 était la première révolution moderne : elle n'avait pas pour but la prise du pouvoir. Informée de tous les désastres du siècle, elle s'est déroulée sur le mode d'une défaite programmée, dont on n'a pas fini d'évaluer les effets dévastateurs sur le vieux monde. Aucun des dispositifs de la domination n'a pu fonctionner après Mai comme avant.

[...]

Ceux qui se félicitent de voir aujourd'hui la ville si calme, engluée dans le continuum du temps bergsonien de la domination et de l'ennui, pourraient se trouver un jour bien étonnés. Mieux que toute autre, l'histoire de Paris rouge illustre la remarque de Benjamin que le temps des opprimés est par nature discontinu. Au cours des combats de juillet 1830, des témoins concordants et stupéfaits affirment qu'en plusieurs endroits de Paris les insurgés faisaient feu sur les horloges des monuments.

Eric HAZAN, L'invention de Paris - il n'y a pas de pas perdus, Le Seuil, 2002.

(pour Ophélie)

photo : Andre Kertesz

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21 décembre 2005

Les lieux de mort.

Enfin, par des lieux de mort, j'entends tous ceux où l'on se trouve tellement réduit que, quelque parti que l'on prenne, on est toujours en danger; j'entends des lieux dans lesquels, si l'on combat, on court évidemment le risque d'être battu, dans lesquels, si l'on reste tranquille, on se voit sur le point de périr de faim, de misère ou de maladie; des lieux, en un mot, où l'on ne saurait rester et où l'on ne peut survivre que très difficilement en combattant avec le courage du désespoir.

[...]

Si vous êtes dans des lieux de mort, n'hésitez point à combattre, allez droit à l'ennemi, le plus tôt est le meilleur.

SUN TZU, L'art de la guerre, trad. du père Amiot. En ligne ici : http://artdelaguerreselonsuntzu.ifrance.com/

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15 décembre 2005

Un grand classique.

Certes, il existe tout de même, parmi les étudiants, des gens d'un niveau intellectuel suffisant. Ceux-là dominent sans fatigue les misérables contrôles de capacité prévus pour les médiocres, et ils les dominent justement parce qu'ils ont compris le système, parce qu'ils le méprisent et se savent ses ennemis. Ils prennent dans le système des études ce qu'il a de meilleur : les bourses. Profitant des failles du contrôle, que sa logique propre oblige actuellement et ici à garder un petit secteur purement intellectuel, la "recherche", ils vont tranquillement porter le trouble au plus haut niveau : leur mépris ouvert à l'égard du système va de pair avec la lucidité qui leur permet justement d'être plus forts que les valets du système, et tout d'abord intellectuellement.

De la misère en milieu étudiant considérée sous ses aspects économique, politique, psychologique, sexuel et notamment intellectuel et de quelques moyens pour y remédier.

(NDF : A afficher sur toutes les portes d'entrée des "UFR". De bon goût et facile à faire.)

Lire le texte complet ici : http://library.nothingness.org/articles/SI/fr/display/12

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29 novembre 2005

L'appartenance.

D'abord il me faut bien constater que je suis ici dans mon pays et que, en dépit de tous les efforts, je ne comprends pas un mot de la langue que vous parlez. On serait évidemment tenté de croire à une confusion, mais il ne s'agit pas d'une confusion, j'ai le record, je suis ici dans ma ville natale, je porte bien le nom que vous me donnez, mais à partir de là nous ne sommes plus d'accord, je ne suis pas dans ma ville natale, je ne vous connais et ne vous comprends pas... Le fait de ne pas vous comprendre ne me gêne pas beaucoup et vous-mêmes, vous ne semblez pas très gênés de ne pas comprendre mes paroles.

Franz KAFKA, Préparatifs de noce à la campagne, Gallimard.

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23 novembre 2005

"Propreté"

Les petits pigeons pleins de fientaisie

allaient et venaient survolant Paris

donnant à ses murs la couleur exquise

du caca aviair couleur un peu grise

ne se doutant pas pauvres innocents

qu'un piège sournois en bas les attend

les voilà capturés !

ils ne sont pas contents

adieu Paris ! adieu ma belle ville

dit le pigeon embarqué pour les champs

je ne fienterai plus sur ton Hôtel de Ville

je ne fienterai plus sur tes fiers monuments

quelle tristesse, en y pensant je pleure

de gaspiller si bon excrément

qui aurait pu beurré sur les demeures

de ma ville natale en ronger le ciment

la brique le béton le marbre la meulière

oui, s'écrie le pigeon, je n'en suis pas peu fier

ma chiure est de l'acide au PH virulent

adieu mon beau Paris adieu ma chère ville

je pars pour mon exil dans l'auto des agents

je garderai toujours au milieu des croquants

du charme de tes rues l'image indélébile

Raymond QUENEAU, Courir les rues, Gallimerde Gallimard 1967.

(Aux agélastes oraculaires à la peau trop sensible pour supporter d'emblée le PH de cette poésie, le Guide des Restaurants de Paris conseille la lecture du chapitre consacré à Queneau dans Ceux qui merdRent de Christian Prigent, publié chez P.O.L)

Posté par fantomas_media à 17:59 - Poesie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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