FANTOMAS MEDIA

le mur qui saigne.

27 novembre 2008

[Pétition] Soutien aux accusés de Tarnac

Après sitaudis et libr-critique, voici le texte de la pétition : pour la signer, envoyer un mail à lafabrique@lafabrique.fr, avec votre nom et votre domiciliation.

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Une opération récente, largement médiatisée, a permis d’arrêter et d’inculper neuf personnes, en mettant en œuvre la législation antiterroriste. Cette opération a déjà changé de nature : une fois établie l’inconsistance de l’accusation de sabotage des caténaires, l’affaire a pris un tour clairement politique. Pour le procureur de la République, « le but de leur entreprise est bien d’atteindre les institutions de l’État, et de parvenir par la violence – je dis bien par la violence et non pas par la contestation qui est permise – à troubler l’ordre politique, économique et social ».

La cible de cette opération est bien plus large que le groupe des personnes inculpées, contre lesquelles il n’existe aucune preuve matérielle, ni même rien de précis qui puisse leur être reproché. L’inculpation pour « association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste » est plus que vague : qu’est-ce au juste qu’une association, et comment faut-il entendre ce « en vue de » sinon comme une criminalisation de l’intention ? Quant au qualificatif de terroriste, la définition en vigueur est si large qu’il peut s’appliquer à pratiquement n’importe quoi – et que posséder tel ou tel texte, aller à telle ou telle manifestation suffit à tomber sous le coup de cette législation d’exception.

Les personnes inculpées n’ont pas été choisies au hasard, mais parce qu’elles mènent une existence politique. Ils et elles ont participé à des manifestations – dernièrement, celle de Vichy, où s’est tenu le peu honorable sommet européen sur l’immigration. Ils réfléchissent, ils lisent des livres, ils vivent ensemble dans un village lointain. On a parlé de clandestinité : ils ont ouvert une épicerie, tout le monde les connaît dans la région, où un comité de soutien s’est organisé dès leur arrestation. Ce qu’ils cherchaient, ce n’est ni l’anonymat, ni le refuge, mais bien le contraire : une autre relation que celle, anonyme, de la métropole. Finalement, l’absence de preuve elle-même devient une preuve : le refus des inculpés de ses dénoncer les uns les autres durant la garde à vue est présenté comme un nouvel indice de leur fond terroriste.

En réalité, pour nous tous cette affaire est un test.
Jusqu’à quel point allons-nous accepter que l’antiterrorisme permette n’importe quand d’inculper n’importe qui ? Où se situe la limite de la liberté d’expression ? Les lois d’exception adoptées sous prétexte de terrorisme et de sécurité sont elles compatibles à long terme avec la démocratie ? Sommes-nous prêts à voir la police et la justice négocier le virage vers un ordre nouveau ? La réponse à ces questions, c’est à nous de la donner, et d’abord en demandant l’arrêt des poursuites et la libération immédiate de celles et ceux qui ont été inculpés pour l’exemple.

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02 février 2008

La "Spiral Jetty" en danger !

Après Sitaudis, nous relayons cette information : la "Spiral Jetty" de Robert Smithson est en instance de décès ! Dommage, car il s'agit d'un specimen unique de gidouille aquatique, le signe du Père Ubu transposé dans le domaine du land art... C'est aussi une superbe illustration du "devenir spiralesque du monde", cher à Maffesoli.
Sa fin approche. A cause du pognon, comme d'habitude. "C'est l'biz qui prime, et ça t'fout la déprime/ tu veux en parler mais jamais tu t'exprimes" a-t-on pu entendre il y a quelques années dans un album inutile et drôle, comme la Spiral Jetty. Pour la gloire de notre maître à tous (le Père Ubu, au cas ou il y aurait ambiguïté), pour l'amour de l'économiquement irrationnel, FANTOMASMEDIA appelle à la sauvegarde de cette oeuvre, n'hésitez pas à suivre les consignes :

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Nous avons appris récemment que des forages pétroliers sont en projet et la mise en place de puits prévue sur le Great Salt Lake en Utah, à Rozel Point, sur le site même de l'emblématique Spiral Jetty réalisée par le land-artiste américain Robert Smithson en 1970.
Le site, d'une exceptionnelle qualité environnementale et d'un intérêt culturel certain (il est également situé à proximité du Golden Spike National Monument), en serait totalement défiguré, et l'œuvre dénaturée.

La veuve de l'artiste, Nancy Holt, lance un appel afin de tenter d'empêcher ces forages, et demande à tous ceux qui le souhaitent d'envoyer un email de protestation aux responsables du projet. Chaque lettre compte. Les emails internationaux et émanant de structures institutionnelles ou de recherches ont un poids accru, mais tout email est important.

Malheureusement le temps presse. Les sondages ayant été tenus secrets, Nancy Holt n'en a pris connaissance que tardivement mais un premier report a été obtenu.
Il est encore temps : nous avons jusqu'au 13 février pour envoyer un e-mail à Jonathan Jemming (coordinator/advisor for the Utah Public Lands Policy Coordinating Office)

jjemming@utah.gov

Afin de ne pas perdre de temps, ci-joint une lettre type que vous pouvez copier-coller (n'oubliez pas d'inclure le numéro de dossier #8853, et de signer en précisant votre pays et fonction). Mais vous pouvez bien sûr personnaliser votre message.

Un blog vient d'être mis en ligne, où vous trouverez la lettre de Nancy Holt, avec plus de détails et quelques photos du site :

Blog pour le Spiral Jetty
http://spiral-jetty.blogspot.com/

Proposition de lettre :
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Subject: Spiral Jetty Oil Drilling
To: Jonathan Jemming
Application # 8853

Dear Sir,

We have been informed of plans for drilling oil in Utah's Great Salt Lake near the Spiral Jetty. The Spiral Jetty is of major significance and regarded worldwide as an icon and one of the most popular contemporary works of art. Drilling there would greatly spoil this rare ecosystem, severely disfigure the site, and damage its future documentation in art publications. Owing to the beauty of this natural site and the international visibility of Robert Smithson's work, we ask that you do everything in your power to ensure that these oil drilling plans are reconsidered and abandoned.

Sincerely,

(Nom, fonction, pays)

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17 août 2006

POUR NE PAS FINIR ENTRE NOUS

http://www.sitaudis.com/Petition

Logo de la pétition des écrivains et artistes pour la protection des étrangers

J'ai trop le souvenir que la dignité consistait à toujours laisser un couvert, une place pour l'étranger, à la table rouge contre le mur de la cuisine minuscule. Il arrivait que la place fût comblée par quelqu'un de passage mais le plus souvent elle restait vide. Et ce vide qui nous obligeait à nous serrer davantage encore était une offrande quotidienne, minuscule comme la cuisine, mais qui sans doute nous faisait respirer plus grand. Je pouvais rêver quant à moi, petite fille, à tous les étrangers qui pouvaient s'asseoir inopinément près de nous, au bel étranger, à celui qui raconte des histoires, au silencieux, mystérieux étranger. Et surtout en même temps que j’avalais le risotto de ma grand-mère, je comprenais intimement que l’étranger est au cœur de chacun de nous et combien ce savoir est nourrissant.
Maryline Desbiolles

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09 avril 2006

Contrat Premiere Embauche

camioncpe

(cass'ded a Antoine Faucon)

PS : rien a voir, mais decidant de copier Olenka, voici les meilleures requetes google des visiteurs de ce site, pour ces derniers jours : "cerveau de bite" - "comment faire bander un chien" - "domination cerebrale poeme" - "sequestrer animal".

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Affaire Maulpoix/Petit : suite.

Communiqué

L'écrivain Jean-Michel Maulpoix, également professeur à l'Université de Nanterre et Président de la Maison des écrivains, vient d'être condamné par la Cour d'appel de Montpellier à 5000 euros d'amende et de frais de justice pour avoir relayé sur son site web personnel un témoignage relatif à des violences policières. Par la même décision, la Cour relaxe le poète Brice Petit, auteur de ce récit largement diffusé sur internet.

Il n'y a eu aucune instruction du dossier. Jean-Michel Maulpoix n'a jamais eu affaire à la justice. Il ne connaissait ni Brice Petit ni les personnes visées par ce texte. Personne ne lui a jamais demandé le retrait de ce texte de son site, ni de la quinzaine d'autres qui l'ont également publié sans être inquiétés. Il a seulement accompli un geste de solidarité citoyenne sur internet.

Dans son texte Brice Petit reprochait aux agents de police de l'avoir brutalisé et mensongèrement accusé d'outrage. Il a été relaxé de l'accusation d'outrage par la même décision qui condamne Jean-Michel Maulpoix. Il a aussi été relaxé des poursuites engagées contre lui pour avoir affirmé que les policiers l'avaient brutalisé. C'est donc qu'il disait la vérité et c'est donc la vérité que le texte publié sur internet dénonçait.

Mais Jean-Michel Maulpoix, simple internaute solidaire, a lui été condamné grâce aux règles procédurales de la diffamation qui lui interdisent de démontrer qu'il a dit la vérité et qu'il était de bonne foi. On lui a appliqué à la lettre une loi obsolète au bénéfice de policiers dont les mensonges et la brutalité ne sont pas démentis par la même décision de justice

Existe-t-il une liberté d'expression si elle ne protège pas une personne qui dit la vérité et est de bonne foi ?

(NDF : a diffuser).

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11 janvier 2006

Dada à Paris

PARIS (AFP) - Un homme de 76 ans a été placé en garde à vue pour s'être attaqué à une oeuvre de l'artiste Marcel Duchamp, un urinoir baptisé "Fontaine", datant de 1917, et présenté dans le cadre de l'exposition Dada au Centre-Pompidou à Paris, a-t-on appris jeudi de source policière.

Cette homme, domicilié à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), s'en est pris à l'urinoir mercredi entre 11h30 et 12h00 durant les heures d'ouverture au public. Armé d'un marteau, il a légèrement ébréché l'oeuvre, précisait-on au Centre-Pompidou.

La valeur de la "Fontaine" de Marcel Duchamp est estimée à trois millions d'euros.

Interpellé, l'auteur des faits a été placé en garde à vue au service d'accueil de recherche et de l'investigation judiciaire du commissariat du 4e arrondissement de la capitale. Son identité n'a pas été rendue publique. En état de récidive, l'homme n'a pas été remis en liberté et devrait être déféré au parquet en vue d'une éventuelle mise en examen.

Durant sa garde à vue, l'homme n'a semblé rien regretter de son acte, le justifiant même en invoquant une performance artistique que n'auraient pas reniée les artistes Dada.

L'auteur n'en est pas à son coup d'essai. Déjà, en 1993, il avait uriné dans cette même "Fontaine", alors exposée au Carré d'Art de Nîmes (Gard).

Le Centre Georges-Pompidou, ou Beaubourg, a porté plainte. L'oeuvre de Marcel Duchamp a été retirée de l'exposition pour être restaurée. AFP


Suite au fracas provoqué par l'attaque de l'urinoir, la réaction de Thierry Théolier, auteur de "Crevard [baise-sollers]" :


"L'artiste Pierre Pinoncelli a été placé en garde à vue pour s'être
attaqué à un multiple objectal-anal du con.cept pisseux du rentier
Marcel (qui rappellons-le, la crevure Marcel - tout en niant la
peinture - vendait en loose-d des croûtes d'un pompier-dont-j'ai-oublié
le prénom-et-la-caserne) un multiple de l'urinoir (l'original a été paumé
en 1917 par les sbires du plastoc et de la faience) surexposé
aujourd'dhui dans la suprématie du con.texte : l'exposiFion DODO au
Centre-Pompichousgras à P.A.R.I.S, a-t-on appris jeudi de source
policière (donc à revoir...)

L'artiste, plutôt crevard, Pierre Pinoncelli, domicilié à
Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), s'en est pris au con.cept
donc mercredi entre 11h 30 et 12h 00 durant les heures d'ouverture au
public (le vernissage V.I.P suckers étant fermé aux crevards à part pour
quelques jud4$$ du SDH...). Armé d'un marteau, il a cassé l'objet, nous
cachetons - à nous intermittents de la société de l'informaFion - au
Centre-PompiChouxgras.

La prix de l'objet fake marchand du rentier Marcel la crevure est estimé
à trois millions d'euros (pendant ce temps les SDF crèvent la dalle)

Interpellé, le casseur de hype a été placé en garde à vue au service
d'accueil de recherche et de l'investigaFion judiciaire du
commissariat du 4ème arrondissement de la capitale du FRIC.

Son identité a été rendu publique sur le SDH aujourd'hui même alors que
l'instituFion du POUVOIR veut garder l'anonymat du casseur de hype.

En état de récidive artistique, Pierre Pinoncelli n'a pas été remis en
liberté et devrait être déféré au parquet en vue d'une éventuelle mise
en examen.

Durant sa garde à vue, Pierre Pinoncelli n'a semblé rien regretter de
son acte, le justifiant même en invoquant une performance artistique que
n'auraient pas reniée les artistes comme Clément Pansaers et Tristan
Tzara (La Bretonne aurait désapprouvé cette grosse suckeuse carrièriste
qui a lourdé Roger Caillois et Momo, véritable crevure du pouvoir comme
le cancéreux-de-la prose-j'me-tâte-mais-je-fais-mettre-
des-tables-d'écoute-partout-et
je-nie-devant-les-cameras-de-la-Répu-oblikkk-Mittérenculé!)

Pierre Pinoncelli n'en est pas à son coup d'essai. Déjà, en 1993, il
avait uriné dans ce fake urinoir, alors surexposé au Carré d'Art de
Nîmes (Gard). src= http://membres.lycos.fr/pinoncelli/historique.htm

Le Centre Georges-PompiChouxGras a.ka.ka Bobobourg, a porté plainte. Le
fake du con.cept a été retiré de l'exposition pour être remplacé ou
restauré (who's cares ?
Nobody...) pour mieux être VENDUE à la crevure la plus thunée de HYPE WORLD.

Alors tous en choeur et de tout coeur :

Mer(d)chie Pierre Pinoncelli !
http://membres.lycos.fr/pinoncelli

(NDF : merci à O pour l'info)

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14 septembre 2005

Deux ecrivains face a la justice (la mobilisation continue).

Lu sur http://www.sitaudis.com/Excitations/on-va-t-apprendre-a-fermer-ta-gueule.php  :

On va t'apprendre à fermer ta gueule...

C'est ce que l'un des policiers avait dit à Brice Petit lors de sa garde à vue.
Avant d'être condamné à 3000 € d'amende pour diffamation, alors même qu'il a été relaxé de l'inculpation d'outrages, il en a déjà déboursé 7000 (heureusement résorbés en partie par notre soutien)...épuisé par 16 mois de procès, ce jeune enseignant est actuellement hospitalisé et déclare commencer à comprendre ce que cette menace policière signifiait.
Ne laissons pas se répandre la veulerie que permet l'arrogance de la Puissance Publique, soutenons sa cause et d'abord financièrement ainsi que celle de Jean-Michel Maulpoix, injustement condamné lui aussi à verser 3000 € d'amende.

Pour tout renseignement, consultez :

http://www.tierslivre.net/spip/article.php3?id_article=154

Merci d'envoyer les soutiens financiers (chèques à l'ordre de Brice Petit ou JM Maulpoix), par voie postale à :


Comité de soutien à BP et JMM, 4 rue Saint Martin, 27630 Dampsmesnil.

Source : Sitaudis. , le 14 septembre 2005.

   
(note de Fantomas Media : continuez a linker, diffuser, reproduire, afficher les textes concernant cette affaire scandaleuse. Le silence ne doit en aucun cas avoir le dernier mot, contrairement a ce que voudraient nous faire croire certains).

Posté par fantomas_media à 18:55 - Actualite - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 septembre 2005

Deux écrivains face à la justice

Deux écrivains condamnés en première instance le 31 août par le tribunal de Montpellier à 6000 euros d’amende et de frais de justice pour avoir diffusé un témoignage sur des violences policières.

La scène, hélas, est devenue presque ordinaire : un citoyen assiste par hasard dans la rue à l’une de ces interventions policières que l’on dit « musclées » : S.D.F à terre, le visage en sang, badauds aux fenêtres et forces de l’ordre aux abois. Indigné par tant de violence inutile, il juge opportun de dire tout haut ce qu’il en pense, avec calme, mais fermeté. Comme il refuse de « circuler », on le menotte, on l’embarque au commissariat, on le fouille au corps, il passe la nuit dans une cellule sur une planche en bois. Au matin, on l’inculpe pour outrage à agents, non sans le « charger » au passage pour des insultes qu’il se défend d’avoir prononcées.

C’est ce qui est arrivé, le 28 avril 2004, à l’écrivain Brice Petit, directeur de la revue Moriturus , jeune professeur agrégé de Lettres, apprécié de sa hiérarchie pour son sérieux et sa rigueur.

Dès le lendemain, de retour chez lui, il rédige un compte rendu acéré des faits qu’il diffuse par mail à ses amis et connaissances. Un collectif se constitue, qui appelle à soutien.

Recevant, comme des centaines d’autres, ce témoignage si troublant, j’ai décidé spontanément de le publier, tel quel, sur ce site web, pour contribuer à le faire connaître. Sans se concerter, une vingtaine d’autres sites font de même.

Quelques mois plus tard, sans que le moindre avertissement préalable me soit parvenu,  je me suis vu brutalement cité à comparaître, ainsi que Brice Petit, pour diffamation. L’un des policiers mis en cause avait découvert par hasard sur internet le texte où figurait son nom : à titre de document, pour appuyer ses dires, Brice Petit avait cru bon de faire figurer l’intégralité du procès verbal dressé à son encontre, sans biffer le nom des trois fonctionnaires ayant déposé contre lui…

L’affaire a été jugée le 9 juin 2005 et le verdict vient juste de tomber : Brice Petit est relaxé du grief d’outrage, mais condamné, ainsi que moi-même, pour diffamation, à 3000 euros d’amende et de frais de justice. Cruelle et curieuse sentence, qui tout à la fois désavoue et ménage la police ! Les témoignages convergents cités à l’audience par la défense de Brice Petit auraient-ils semé le doute dans l’esprit des juges ?

Les policiers font appel, désireux sans doute de sanctions plus lourdes et de « compensations » financières plus substantielles. Le parquet suit, bien qu’il eût demandé à l’audience des peines moins sévères que celles prononcées. Pot de fer contre pot de terre, quel espoir le combat juridique qui s’engage laisse-t-il à ceux qui n’ont cherché à humilier perso nne mais simplement voulu faire preuve d’un esprit de responsabilité et de solidarité, en rapportant des faits singuliers dans le seul but d’inciter à la réflexion commune ?

Ceux qui visitent régulièrement ce site web afin d’y recueillir des documents critiques sur la poésie moderne et contemporaine savent sans doute qu’il n’a rien d’un brûlot et que l’esprit de mesure y prédomine. (Je n’y ai d’ailleurs laissé en ligne que très peu de temps ces pages.)

S’il me faut expliquer à nouveau ce geste d’engagement soudain, je dirai simplement que pour un intellectuel la légitime révolte contre les abus de pouvoir, ainsi que l’esprit de solidarité sont parfois plus forts que la frilosité.

C ’est l’honneur de ceux qui écrivent et publient que de ne pas passer sous silence des témoignages où leur propre pratique assidue de la lecture, de la critique et de l’écriture, en vient à discerner des accents de sincérité et de vérité assez convaincants pour qu’il soit alors de leur devoir moral de les faire connaître.

N’est-ce pas la liberté d’expression, le devoir moral d’engagement, l’esprit de solidarité et de responsabilité que frappe par contrecoup ce jugement ? N’y a-t-il plus de place dans notre société pour autre chose que la dureté inflexible de la loi ?

Nous savons que la société reconnaît aux journalistes un droit à la diffusion de l’information et à son commentaire. Cela confère à leur action la force d’un contre-pouvoir salutaire. Les médias auxquels ils sont liés par contrat les protègent. Leur carte de presse est un précieux sésame… Rien de tel pour l’écrivain devenant à l’occasion « webmaster » : il fait seul ses choix, sans protection ni secours. Ni jurisprudence, ni structures éditoriales, ni association, ni société de presse ayant pignon sur rue ne le garantissent des rigueurs juridiques. Il agit selon son esprit de responsabilité propre, en s’en remettant à son jugement perso nnel et à son intime conviction. Il n’a, pour se défendre, que sa plume et son clavier.

Les réflexions auxquelles invite ce pénible procès outrepassent largement l’affaire en cause et ses protagonistes.

C’est pourquoi j’appelle toutes celles et tous ceux qui ne restent pas insensibles à cette cause à manifester à la fois leur inquiétude et leur soutien.

Jean-Michel Maulpoix

Le 9 septembre 2005

Source: http://www.maulpoix.net/justice.htm
Relayé par Sitaudis :
http://www.sitaudis.com/Excitations/deux-ecrivains-face-a-la-justice.php

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16 juin 2005

La revue Europe censurée en Bretagne

La revue Europe a consacré son numéro de mai 2005 à la littérature de Bretagne. J'ai proposé à la directrice du Centre régional du Livre de Bretagne d'organiser une présentation de la revue suivie d'un débat, avec comme invité principal Paol Keineg. Celle-ci a accepté immédiatement et nous avons planifié ce rendez-vous. Date était prise : le 22 juin.
Quelle ne fut pas ma surprise lorsque Catherine Renard, la directrice du CRL Bretagne, m'annonça que son conseil d'administration ne la suivait pas sur ce projet et qu'il était hors de question que le CRL organise une telle rencontre ! Pas question de rencontre, encore moins de débat ! Le motif ? Assez vague… En tous cas, le CRL ne peut faire la promotion d'une revue qui n'est même pas éditée en Bretagne !!! Derrière ce prétexte fallacieux, se cachent des raisons plutôt idéologiques qui ne veulent pas dire leur nom ! Car enfin, aucune raison valable ne peut être invoquée !
J'en ai informé Jean-Baptiste Para, le directeur de la revue Europe. Comme il me l'a indiqué lui-même, Europe n'a été censuré que pendant la deuxième guerre mondiale !!
La littérature est-elle à ce point dangereuse ? Il faut le croire !
Ce texte pour information et avis : nous vous tiendrons au courant des suites données à cette affaire et des actions que nous mènerons...



Cordialement,


François Rannou , qui a coordonné ce numéro d'Europe.
(source : sitaudis.com)

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